Un directeur artistique autour du monde

Je suis directeur artistique de 20 cirques dans le monde
Joseph Bouglione, plébiscité dans le monde entier
Vous le croyez au Cirque d’Hiver ? Eh bien, pas toujours ! Joseph Bouglione prodigue régulièrement ses conseils à l’autre bout du monde où sa réputation le précède. Directeur artistique dans une vingtaine de cirques étrangers, il est sollicité dans toute l’Europe, aux États-Unis, au Pérou, au Japon… pour apporter son expertise inégalée. Rencontre avec un metteur en scène qui s’impose, depuis 25 ans, comme LA référence à l’international.
Vous connaissez le milieu circassien mondial par cœur et lui vous connaît comme le loup blanc, cela doit faciliter vos voyages professionnels !
J-B : Oui, bien sûr… mais ne le répétez pas, j’ai horreur de faire une valise et -pire encore-, de la défaire ! Les voyages sont venus par nécessité, dès ma jeunesse, pour aller me produire en tant qu’artiste dans les tournées Bouglione d’abord, et aussi dans de nombreux cirques à l’étranger. Des années après, je voyage toujours autant mais pour me consacrer à la direction artistique. Cela fait 25 ans que je me rends à l’étranger régulièrement. Et vous savez ce qui me plaît dans tous ces déplacements ? Faire mon métier et vivre ma passion.
Comment a germé l’idée de la mise en scène ?
J-B : Je présentais mon numéro de fildefériste en Allemagne, chez Roncalli, où je me suis produit pendant 15 ans. Un jour, j’apprends que le régisseur part. Le directeur me demande si je veux le remplacer. Nous nous mettons d’accord sur les conditions et c’est ainsi que j’ai changé de carrière ! Mais j’ai beau avoir vécu de belles expériences dans de nombreux pays, la référence, c’est ici, au Cirque d’Hiver.
Vous êtes sollicité de toute part et partout chez vous !
J-B : C’est vrai mais cela s’explique ! Je suis invité depuis longtemps dans les festivals en tant que membre du jury pour découvrir des numéros et des artistes, leur attribuer des notes et parfois leur décerner des prix et engager les meilleurs d’entre eux au Cirque d’Hiver.
À ce jour, vous assurez la direction artistique d’une vingtaine de cirques !
J-B : Oui, c’est l’effet « boule de neige ». Il y a eu, pendant 17 ans, Europa Park, en Allemagne, le plus grand parc d’attractions, le Grand Cirque de Francfort, le Show des vainqueurs à Budapest, Flip Circus à New York… le Festival Plusz à Budapest, le Weltweihnachts Circus à Stuttgart, Medrano, à Florence, WereldKerstcircus au Carré à Amsterdam… Cette année, j’ai eu entre dix et douze spectacles à régler l’un après l’autre, à raison d’un par semaine. J’ai monté à Osaka un spectacle qui mélangeait cirque et danse classique avec l’une des plus grandes danseuses classiques japonaises. Une tournée mondiale est prévue.
Les demandes de collaboration s’accélèrent !
J-B : Oui, de plus en plus. Quand on est venu me chercher, au début, je ne pensais pas collaborer à autant de spectacles. Rien qu’au cours de la saison 2025 et 2026, j’en ai monté beaucoup. En juillet dernier, j’étais au Pérou pour assurer la direction artistique du Festival International de Cirque à Pulso. Ensuite, j’ai enchaîné avec un autre spectacle, toujours à Lima. Sans compter la mise en scène de notre spectacle Volte au Cirque d’Hiver, qui va arriver vite !
À quoi c’est dû, selon vous ?
J-B : Je fais ce métier depuis longtemps et j’ai beaucoup appris et surtout vu ce qu’il ne faut pas faire. J’ai une bonne réputation. Je parle plusieurs langues. Je suis rapide. Je sais m’organiser, m’adapter, faire en sorte que les choses soient le plus facile possible sur place. J’ai le respect des artistes et, avec moi, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. La confiance est acquise d’entrée de jeu. La plupart du temps, j’ai très peu de répétitions -entre 3 et 7 jours en moyenne- et il faut que dans ce laps de temps tout soit prêt. À Stuttgart, par exemple, je dispose de 10 jours pour régler le spectacle avec 200 artistes. Même challenge à Manhattan pour le Big Apple Circus, extrêmement sophistiqué à faire.
Vous accompagnez aussi de belles manifestations en France !
J-B : Bien sûr ! J’aime travailler pour les petites et les grandes structures. Je suis directeur artistique du Festival de Grenoble dont Jean-Pierre Foucault est le parrain et de celui du Grand Cirque de Vendée.
Il doit vous arriver de décliner certaines propositions ?
J-B : Ah oui ! Je ne peux pas être partout ! René Casselly, gagnant de Ninja Warrior 2025, m’a demandé d’en prendre la direction artistique. Même si c’est une belle référence dans le métier, j’ai malheureusement dû refuser.
Avez-vous des petits secrets de fabrication, une botte secrète ?
J-B : Je ne m’énerve jamais ! Je ne fais jamais recommencer un numéro 40 fois. J’ai toujours un plan B, et surtout, chose très importante : j’ai une équipe. Suivant le budget alloué, je me déplace avec ma chorégraphe, mon light designer et mon chef d’orchestre.
Tout semble sous contrôle !
J-B : Il faut toujours rester humble et savoir s’entourer de personnes qui savent faire ce que vous ne savez pas faire. Tout ça forme un cocktail de compétences qui a l’air de fonctionner puisque je suis beaucoup copié !
Et dans un futur, proche, encore des voyages en perspective ?
J-B : Oui, un projet festival en Las Vegas, un spectacle français à Lima en 2027. Il y a 20 ans, j’avais fait l’ouverture et on prépare une sorte de jubilé ! En 2028, je prendrai la direction artistique du Cirque Price.
Quel est le plus beau compliment que vous ayez reçu à l’étranger ?
J-B : Qu’on me dise « merci », c’est super ! Cela veut dire que j’ai bien fait mon travail. Et que les gens qui avaient déserté reviennent ! Ma récompense, c’est le public qui me la donne quand il se met debout au final. Je suis fier d’avoir pu leur apporter mon expertise !
France, Allemagne, Angleterre, Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Hollande, Hongrie, Roumanie, états-unis, Japon, Mexique, Pérou, équateur, Inde… La liste des pays où il a été sollicité pour assurer la direction artistique de spectacles de cirque, de variété ou de festivals de cirques internationaux est impressionnante. Et elle ne saurait être exhaustive !

