Tanguy Fonteymond

Avec la Section de Gymnastique, mon goût pour l'artistique est parfaitement comblé
Caporal-chef à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, Tanguy Fonteymond a intégré la prestigieuse Section de Gymnastique car il a toujours eu la fibre artistique et le désir de découvrir d’autres univers. Retour sur le parcours atypique de ce jeune militaire originaire de Grenoble, hyperactif, altruiste et passionné.
Pouvez-vous vous présenter, Tanguy !
J’ai 28 ans. Je suis caporal-chef à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris depuis plus de 2 ans. J’exerce le métier de Pompier de Paris depuis novembre 2019 et j’ai intégré la section de Gymnastique il y a 4 ans. Je n’ai pas d’enfants, mais si je vous dis que j’ai un Border Collie, ça compte ?
Vous n’êtes pas issu d’une famille de militaires !
Ah non, ma mère est assistante maternelle et mon père était paysagiste. Je crois qu’ils sont fiers de ce que j’ai entrepris. Ma mère, plus démonstrative, me suit de près ; elle regarde tout ce que je fais et assiste à mes spectacles et elle va évidemment lire cette interview ! Dans la famille, nous aimons les animaux et nos semblables ! Mon frère aîné, Maverick, est maître-chien et dirige une pension canine. Quant à ma sœur cadette, Lou, elle poursuit des études de sage-femme.
Comment est venue la vocation ?
Vous allez voir ! J’ai un parcours plutôt atypique. J’ai d’abord choisi une tout autre voie avant d’intégrer le corps des Pompiers de Paris ; j’étais joaillier. J’ai suivi un parcours de 4 ans d’études de joaillerie. Quand j’étais au lycée, j’avais un gros besoin de me projeter dans un métier artistique. La joaillerie regroupait toutes mes passions : l’intérêt pour les pierres précieuses, le côté artisanal, manuel…
Un métier qui demande des qualités utiles aujourd’hui encore !
Oui, il faut être précautionneux, précis, patient… La joaillerie vous apprend beaucoup de choses sur la vie. J’ai adoré cette profession ! J’ai pu effectuer des stages en Suisse et dans des maisons de la place Vendôme ! J’ai été embauché 2 jours après l’obtention de mon diplôme et j’ai exercé pendant deux années à Valence.
Et soudain, vous changez radicalement de cap !
La petite entreprise qui m’avait engagé n’avait qu’un objectif : la rentabilité ! Et moi, je m’étais investi à fond ; j’avais besoin de m’exprimer artistiquement, de m’épanouir dans la créativité. J’ai essayé de m’adapter mais je n’ai pas eu envie de délaisser le côté artistique. J’étais ralenti dans mon élan de vouloir faire toujours mieux. Parallèlement, je songeais à une carrière militaire et les Pompiers de Paris semblaient parfaits pour moi ! J’en ai rencontré et ça m’a conforté dans mon idée. J’ai toujours aimé faire beaucoup de choses, je suis presque hyperactif ! En outre, la vie en communauté m’attirait. C’est ce qui m’a conduit chez les Pompiers de paris et le besoin d’aider aussi. Je le mettais déjà en pratique avec mes proches…. Sans parler de l’adrénaline lors des interventions !
J’étais jeune et je me suis dit : « C’est maintenant ou jamais ! »
C’est le sport qui vous a ouvert les portes des Pompiers de Paris ?
Au lycée, je faisais pas mal de sport avec le club. Je ne savais même pas que la Section de Gymnastique existait ! Pendant mes classes, un de mes formateurs m’a posé la question : « Est-ce que tu as fait de la gym avant ? » Il fallait attendre d’avoir un an de service pour avoir une chance de l’intégrer. Je n’étais pas le plus fort au sein du groupe, mais j’avais un intérêt certain pour cette discipline. Il faut savoir que la gymnastique est institutionnelle chez les Pompiers de Paris.
Il a fallu que je travaille énormément l’équilibre en force, appui tendu renversé : un aspect phare de notre numéro avec les échelles !
Diriez-vous que les spectacles vous apportent reconnaissance, fierté, joie ou plaisir ?
Tout cela en même temps ! Mon goût pour l’artistique est parfaitement comblé car nous nous produisons dans des shows d’ampleur et nous nous ouvrons à d’autres disciplines : le chant (institutionnel dans l’armée), la danse… Nous avons fait les JO, participé au Festival du Cirque de Monte Carlo…
Le cirque, vous aimiez ça, enfant ?
Oui. J’y allais comme tous les enfants avec leurs parents, j’imagine. Toutefois, quand j’étais gamin, j’avais déjà le goût du spectacle, je me suis entraîné à jongler avec balles ou des massues -trois seulement- mais ça me branchait bien. J’ai aussi essayé le diabolo. Et faire le pitre, ça me plaisait bien aussi… Plus je fréquente de près le monde de cirque, mieux je me porte !
Tout vous tente !
Oui. Je ne me ferme à rien. Je suis toujours partant pour m’ouvrir à d’autres univers. Tout ce qu’on peut m’apporter de nouveau, je le prends. Je pars du principe que tout est passionnant, du moment qu’on en parle avec quelqu’un de passionné. La Section de Gymnastique m’offre l’opportunité de faire partie de quelque chose de prestigieux. C’est que du kif !
Et sur la piste du Cirque d’Hiver-Bouglione ce n’est pas rien !
Je n’y suis jamais allé en tant que spectateur. Je vais probablement être impressionné devant pareil écrin et ressentir un peu de stress mais pas comme celui que nous avons tous avant de partir en intervention. J’ai jusque ce qu’il faut de trac. Car en tant que sapeur-pompier, nous savons qu’une individualité peut tout fiche en l’air. Tout repose sur la cohésion du groupe ! Et c’est pareil dans le domaine du spectacle. Je suis excité à fond à l’idée de rencontrer les artistes avec lesquels nous allons présenter le numéro.