Michel Palmer

La jeune génération est en train d'écrire l'avenir du cirque !
On ne présente plus Michel Palmer ! Un Monsieur Loyal tout en majesté et discrétion, curieux de tout avec le goût des autres. Il reçoit et guide le public au Cirque d’Hiver et valorise sur la piste les artistes avec acuité et sensibilité. Rencontre avec un homme de passion.
S’endormir sur ses lauriers ? Se focaliser sur les titres (président du Conseil d’administration du Cirque Jules Verne d’Amiens), les récompenses (lauréat du Loyal d’Or au Festival de Bayeux pour l’ensemble de sa carrière) et les honneurs (Chevalier des Arts et des Lettres). Pas le genre de la maison. Michel Palmer prend son rôle de Monsieur Loyal trop à cœur pour se laisser aller à l’autosatisfaction. Et puis, il n’a pas le temps de « tirer la couverture » à lui. « Il y a tant à découvrir, à apprécier, sans compter les recherches approfondies pour faire connaissance avec les circassiens qui vont se produire au Cirque d’Hiver-Bouglione et les présenter au public, même si je n’ai que quelques petites minutes pour le faire… Un peu frustrant, tout de même ? « Non, car la vedette sur la piste, ce n’est pas Monsieur Loyal, ce sont les numéros. Je suis là pour servir le spectacle et ce travail en amont m’est précieux.
On ne parle bien que de ce que l’on connaît bien ! », affirme ce perfectionniste attentionné et tout en délicatesse. Le Cirque, pour lui, c’est la passion toujours recommencée. « Elle est intacte depuis 4 décennies et je suis toujours autant émerveillé par ce métier. Ce qui me fascine, poursuit-il avec ferveur, c’est l’abnégation des artistes, leur humilité et leur propension à se remettre en question chaque jour. Un équilibriste, un trapéziste prend tous les jours des risques et jamais son numéro n’est le même. Sans parler des artistes qui se réinventent ou revisitent une discipline, comme Guillaume Juncar qui fait de sa roue Cyr une partenaire à part entière. On évoque souvent les prouesses des athlètes qui participent à de grands championnats, voire les Jeux Olympiques, mais les artistes de cirque performent jusqu’à 3 fois par jour et doivent être au top à chaque séance grâce à des mois ou des années de travail ! »
N’allez pas lui dire qu’au cirque, c’est toujours la même chose ! « C’est même l’inverse. Le monde change et le cirque n’y échappe pas. Nous ne sommes plus dans les années 80. Le cirque s’assume comme un spectacle culturel et il offre une belle image de ses artistes. Notre métier vit une évolution incroyable ; je le constate d’année en année en restant à l’affût des nouveaux talents. Quelle chance de voir émerger de jeunes artistes qui me surprennent et me réjouissent. Ils savent nous emmener vers demain, autrement, quitte à nous dérouter, nous bousculer. La nouvelle génération est en train d’écrire l’avenir du cirque ! Quand je vois l’expansion des écoles de cirque, je suis confiant pour le futur car un art qui ne se renouvelle pas est un art qui se meurt. »
Plus qu’un métier, le MC, comme disent les Américains, accomplit une tache multiple et complexe. Une mission de transmission. Un sacerdoce, diront certains. Une fierté, sans aucune hésitation. « Vous vous rendez compte, ma vie professionnelle me comble plus que ma vie personnelle ; j’exerce un métier que j’ai aimé au premier jour, que j’aime encore et que j’aimerai toute ma vie ! Le cirque est là pour faire rêver les gens et permet à toutes les générations de partager de rares moments en famille. Nous ne sommes pas dans le virtuel, mais dans une vérité et une magie de l’instant ! C’est pour moi l’une des richesses d’un spectacle de cirque ».
Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. En accomplissant sa tâche avec humilité et fierté, on est en droit de penser que Michel Palmer a fait de cette célèbre citation de Boileau sa devise !