Maria Sarach

Petite, je rêvais de devenir actrice ou mieux... artiste de cirque !
Maria appartient à une prestigieuse famille circassienne russe, la troupe Sarach. Depuis ses plus jeunes années (4 ans), elle s’entraîne pour réaliser son rêve. Aujourd’hui, la jeune femme triomphe avec un numéro de contorsionniste inédit qu’elle est heureuse d’exécuter « dans ce lieu historique qu’est le Cirque d’Hiver ». Rencontre avec une artiste atypique…
Pouvez-vous vous présenter, Maria !
Je m’appelle Maria, je suis russe et je suis issue d’une célèbre famille de cirque, la troupe Sarach. Mon père était connu pour son numéro unique de perche auquel il m’est arrivé de participer. Je vis à Moscou et entre deux contrats, je rends visite à ma famille pour passer le maximum de temps avec elle.
Quelle enfance avez-vous eue ?
J’ai grandi en voyageant avec mes parents à travers le monde. Ma mère a commencé à pratiquer avec moi quand j’avais 3-4 ans et à 14 ans, j’étais en mesure de présenter mon numéro de contorsion solo.
Quel genre de petite fille étiez-vous ?
Petite, je voulais être actrice, mais mon plus grand rêve était de devenir artiste de cirque. Mes parents me disaient que je devais travailler dur pour mériter de me produire sur scène.
Très douée dans votre discipline, vous étiez une très bonne élève en classe !
Oui, c’est vrai ! J’ai obtenu la médaille d’or qui récompensait les meilleures notes scolaires. J’ai changé tout le temps d’école ; je crois bien en avoir fréquenté plus de 52 au total ! Plus tard, je suis allée à l’université et j’ai décroché un diplôme de traductrice en langue allemande.
Cependant, votre famille vous encourage dans la voie artistique !
Oui, elle m’a toujours encouragée. Pour moi, il était clair que je voulais être artiste comme mes parents et ils le savaient.
Très graphique, votre numéro d’acrobate-contorsionniste rappelle l’œuvre du peintre Mondrian ! Comment est-il né ?
C’est toujours un travail d’équipe, même si je suis seule sur la piste. Dernièrement, à Las Vegas, nous avons créé ce numéro avec le chorégraphe italien Giulio Scatola qui fut danseur dans les compagnies de Maurice Béjart et de Pina Bausch. Ensuite, mon meilleur ami, Maxim Khelmut, l’a dirigé et a contribué à le terminer. La robe dans le style de Mondrian d’Yves Saint Laurent nous a servi d’inspiration pour mon costume de scène. La chanson « Settle down » de la chanteuse néo-zélandaise Kimbra m’a donné l’idée d’intituler ainsi mon numéro.
« Settle down » dit beaucoup de choses…
C’est un numéro amusant, coloré et malicieux. Il raconte l’histoire d’une femme essayant d’échapper aux « boîtes » dans lesquelles la société a voulu la ranger. Le désir d’en sortir, d’être originale et de ne pas rester coincée entre les lignes fait appel à beaucoup de sentiments et suscite de l’émotion. Je qualifierais ce numéro plein d’espoir d’innocent, mais aussi de sensuel et charismatique. Et c’était, pour moi, une opportunité de créer quelque chose de frais, de moderne…
Combien de temps y avez-vous consacré ?
Je me produis sur scène depuis 20 ans, alors cela me donne l’envie d’apporter des changements, de trouver de nouvelles idées et de nouveaux styles pour mon numéro. C’est toujours un long chemin que de chercher à développer ses compétences.
Vous vous entraînez comme au premier jour ?
Eh oui… Je m’entraîne presque tous les jours, au moins 2 à 4 heures, s’il n’y a pas de spectacle. Je veille toujours à privilégier un style de vie sain avec un régime alimentaire équilibré, un bon sommeil et garder une routine quotidienne active.
Chez les Sarach, l’amour du cirque se transmet de génération en génération !
Oui. Ma fille, Liza, a 13 ans et veut, elle aussi, devenir artiste de cirque. Pour l’instant, elle ne sait pas encore quelle discipline elle choisira mais elle se concentre sur l’acrobatie.
En dehors de votre métier, avez-vous d’autres passions ?
Voyager et explorer des endroits où je ne suis jamais allée, lire des livres, regarder des films et danser. J’adore la salsa, la bachata, la kizomba et le tango.
Ça vous plaît d’être à Paris ?
Je ne me suis rendue que quelques fois à Paris mais j’adore cette ville ! Il y a beaucoup d’opportunités qui permettent de suivre la vie culturelle parisienne. J’ai hâte de visiter à nouveau l’Opéra, les musées et d’assister à certains événements, mais par-dessus tout, j’aime m’y promener.
Performer au Cirque d’Hiver, ce n’est pas rien !
Je suis déjà venue à plusieurs reprises pour assister à des spectacles, mais m’y produire, c’est la première fois ! En tant que circassienne, c’est une sacrée expérience et c’est aussi une belle récompense de mon travail que d’être invitée sur cette piste historique !

