Housch Ma Housch

Revenir au Cirque d'Hiver, c'est un cadeau !

Sans prononcer un mot, il déclenche les rires dans les cabarets, cirques et musical-halls du monde entier. Housch Ma Housch s’apprête à retrouver le Cirque d’Hiver, là où il a débuté une carrière, vite devenue internationale.  Il évoque son parcours où le rire côtoie l’émotion et la poésie et ses liens avec la famille Bouglione.

D’où venez-vous, Housch Ma Housch ?

Je suis né à Izmail, une petite ville d’Ukraine près d’Odessa, mais depuis 2000, je vis en Allemagne.

Vous avez fondé une famille !

Ma femme et moi, sommes mariés depuis 30 ans ; nous avons trois enfants, Igor, père de quatre enfants -c’est génial d’être grands-parents-, Emmanuel qui va m’accompagner à Paris pour faire son master. Quant à ma fille Lisa, elle vient de décrocher son Bac à Berlin et songe à travailler dans le cirque, mais côté production et coulisses », nous a-t-elle dit. En attendant, les études d’abord ! Elle va entrer dans une école de commerce international, comme son frère Emmanuel l’avait fait.

Vos parents n’évoluaient pas du tout dans l’univers du cirque !

Ah non, mon père et ma mère exerçaient le métier de comptables dans des sociétés différentes !

Alors, le goût du cirque est venu comment ?

Tout simplement en regardant chaque mois LE spectacle de cirque qu’une des deux chaînes de télévision diffusait. A l’époque soviétique, le cirque était subventionné par l’État au même titre que le théâtre ou le ballet. Cet art était de grande qualité et d’un haut niveau avec des équipements formidables. Le cirque est un pan très important de notre vie culturelle. Enfant, je me rappelle avoir vu et entendu mon père rire devant les pitreries du clown par petit écran interposé. J’adorais ces moments ! Du haut de mes 5 ans, je me disais qu’un jour, je le ferai rire à mon tour. Je crois que c’est l’idée de le rendre heureux et joyeux qui a fait naître ma vocation.

Alors, vous êtes devenu clown !

Pas tout de suite. Beaucoup d’artistes en devenir choisissaient cette discipline dans les écoles de cirque. Il y en avait deux majeures : une à Moscou et l’autre à Kiev. Dans les concours, presque 50 % des candidats présentaient un numéro de clown. Alors, quand j’ai été inscrit à celle de Kiev, j’ai débuté par la jonglerie, l’équilibre, l’échelle… L’enseignement était de qualité ; nous avions 15 profs pour 4 équilibristes. La comédie est venue après. Avec la motivation d’égaler les grands artistes qui m’inspiraient : Popov, Grock, Zavatta…

Votre nom d’artiste résonne comme un gag. Que veut-il dire ?

Rien du tout (rires). Cela devait être en 1998. A Kiev, Dmitri Oskine, M. Loyal, me baptise ainsi et me dit : « Tu parles un peu comme ça sur la piste, alors ça t’ira très bien ». Il n’avait pas tort, cela rappelle mes marmonnements puisque je fais des sketchs visuels sans aucune parole !

Vous avez fait vos débuts au Cirque d’Hiver en 2007 ! Vous y avez de bons souvenirs ?

Plus que bons ! Énormes, vous voulez dire. Cette famille est incroyable. Vous savez, j’ai connu Madame Rosa, la maman de Sampion Bouglione. Là, j’ai observé et j’ai compris que tout était exceptionnel : la bâtisse, les lumières, les décors, les gens… Il y avait le travail, bien sûr, mais surtout la passion. C’est là que j’ai rencontré Pierre Etaix. C’était un petit bonhomme physiquement, mais grand par le talent. Cette rencontre était un cadeau de la vie, comme ma saison Cirque d’Hiver.  Mes liens avec les Bouglione sont très forts.

Jouer à Paris, c’est difficile ?

Quand j’ai été engagé au Lido -j’y suis resté pendant 7 ans-, j’ai mis 6 mois à m’adapter. Certains soirs, je jouais pour des Chinois, d’autres soirs pour des Japonais. D’autres encore, je me produisais devant une salle entièrement composée d’Indiens ou d’Allemands et certains soirs, de toutes les nationalités à la fois. J’ai appris à développer mon style et travailler sur les timings, à chercher tout le temps de nouveaux trucs. Si ma femme et mes enfants sont mes complices et me donnent leurs avis, c’est le public qui décide si un sketch marche ou pas. Mais Paris, pour un artiste, c’est la plus belle ville du monde. Se produire devant des Parisiens, c’est top. Voilà un public exigent et fin connaisseur.

Vous savez pourquoi vous faites ce métier ?

Pas vraiment, mais je l’adore. Faire rire les gens, c’est important et c’est utile. Un peu comme la médecine. Même si les spectateurs ne savent pas, sur le moment, expliquer pourquoi ils ont ri, ils y repensent plus tard en percevant les émotions et la poésie après-coup.