Full House

On se réjouit d'intégrer une belle famille d'artistes au Cirque d'Hiver !
Se produire au Cirque d’Hiver, c’est comme jouer à Broadway !
Dans la vie comme sur la piste, Gabriela Schmutz et Henry Camus sont inséparables. Ils forment le Duo Full House, désopilant et polyglotte, qui cartonne dans le monde entier ! Inclassables, ces artistes ont réinventé le burlesque en conjuguant -presque- toutes les disciplines circassiennes mais pas que ! Jonglage, acrobatie, musique, humour garantissent un cocktail détonant…
Pouvez-vous brièvement vous présenter !
H : Moi, je suis Henry avec un Y car je suis américain malgré un nom qui sonne super français et que tout le monde connaît, soit grâce à l’écrivain, soit grâce au cognac (rires). Je n’ai malheureusement pas trouvé de preuve tangible de mon lien de parenté avec Albert Camus, mais d’après mon père, il semblerait que nous soyons des cousins éloignés. Une arrière-grande tante l’avait très probablement croisé en Algérie.
G : Moi, je m’appelle Gaby Camus. Je suis suisse. J’utilise toujours le nom de famille d’Henry, parce que le mien, Schmutz, signifie en allemand saleté/poussière. Ce n’est pas terrible comme nom d’artiste, vous en conviendrez !
Votre duo s’appelle Full House, « salle comble » en anglais. C’est pour cette raison ?
H : Oui, mais pas seulement ! Outre le côté « on joue à guichets fermés », cela fait également référence à nos numéros très complets qui intègrent beaucoup de disciplines. Ça correspond à « la totale ».
Et vous travaillez ensemble depuis combien de temps ?
H et G : (en chœur) Oh là là… À partir d’un certain moment, on ne compte plus ! Nous avons deux enfants, respectivement de 19 et 22 ans. Alors, faites le compte !
G : Justement, les gens se demandent, depuis le temps qu’ils nous voient ensemble, si nous sommes des amis, en couple, ou frère et sœur. Nous avons choisi de dire la vérité. On est mariés. Et, pour les spectateurs, c’est chouette de le savoir ! Ils se reconnaissent à travers nos sketchs.
Vous faites allusion à vos scènes de ménage irrésistibles ? Vous, un rouleau à pâtisserie à la main, et Henry qui rattrape les objets que vous lui jetez au visage ?
H : Oui. Je constate que les couples un peu plus âgés rient beaucoup ; ils doivent se dire : « Eh oui, on connaît ça aussi ! » J’aime beaucoup cette complicité qui se crée avec le public.
G : On peut dire qu’on lave notre linge sale en famille et en public !
Le cirque vous attirait dans votre jeunesse ?
H : À 16 ans, je me suis lancé dans le spectacle de rue autour du Centre Pompidou. Et à 18, je vivais de mon travail d’artiste. Faire une école de cirque plutôt que de m’inscrire à la fac n’avait pas enchanté mes parents et ils m’avaient coupé les vivres.
Qui vous a inspirés pour créer votre univers, votre style ?
H : Sans hésitation, Victor Borge ! Un artiste danois, célèbre aux USA qui touche au divin. Un pianiste prodige qui enchaîne les blagues. C’est un superhéros, comme savent l’être parfois les gens de cirque.
Comment vous définissez-vous ? Acrobates ? Humoristes ? Jongleurs ?
H : Tout ça à la fois ! J’aime bien parler de Comedy-Circus. Je sais, je suis un peu un peu hyperactif, alors, difficile de me contenir ! Dès que je vois de quoi jongler, c’est plus fort que moi… Et quand je commence, je n’arrive plus à m’arrêter ; je m’empare de massues, et j’improvise d’autres choses… J’ai plus que 50 ans, mais 14 d’âge mental !
G: Tous les objets y passent, et quand on a fini de rire, on réfléchit et on se rend compte du travail derrière tout ça, mais cela ne doit pas se voir sur la piste. C’est l’histoire qui prime, bien avant la technique.
D’où est venue l’idée de mélanger plusieurs disciplines de cirque, avec de l’acting, de la musique ?
H : Je dirais que c’est vraiment une évolution organique. Pour vous donner une idée, 60% se crée dans la salle de répétition, et avec le rodage du numéro, les gags viennent. L’important est de garder l’esprit ouvert, pour intégrer des blagues en live. Et, chaque soir, tout est possible. Parfois, on ajoute des choses qui en amènent d’autres… Ça évolue sans cesse.
G : Oui, exactement, on fait tous les deux de l’acrobatie, et on injecte de plus en plus de piano. Henry est un super pianiste, presque du niveau d’une concertiste. Alors, hop, on ajoute le piano ! Rien n’est jamais figé.
Votre performance est très physique !
G : C’est vrai, même si je n’en ai pas toujours envie, il faut s’échauffer. Ça peut commencer par une demi-heure de yoga le matin ; on fait de la bicyclette, de l’escalade, on pratique la danse classique, le Pilates… Tout ce qui nous maintient en forme est bon ! Pendant le spectacle, avec l’adrénaline, on s’en sort toujours mais sans exercice préalable, on a besoin de plus de temps pour récupérer ! En tant qu ‘artistes, on a l’impression d’être sur un ring, alors il faut donner le meilleur pour gagner !
H : On doit toujours convaincre le public de son art.
Qu’est-ce qui vous séduit au Cirque d’Hiver ?
H : J’apprécie beaucoup Joseph. J’ai vu plusieurs de ses mises en scène, notamment en Allemagne. Il sait ce qu’il fait. Il a du métier. C’est pour ça qu’on a hâte ! Chez les Bouglione, on consacre davantage de temps à la création, je crois.
G : Et l’orchestre est tellement fantastique ! Dans d’autres cirques, la musique perd de l’importance, et puis, c’est plus électro. Je trouve vraiment super de jouer avec un live band de cette qualité. Je crois qu’ils sont une dizaine de musiciens, mais en réalité j’ai l’impression qu’ils sont 20 !
Est-ce que vous avez le trac ?
H : Moi, j’ai le trac positif. Et c’est bien. Parfois, pour une question de budget, on grignote sur le temps des répétitions. Au Cirque d’Hiver, nous avons moins le trac et moins de tension, car nous avons 10 jours pour nous caler avec l’orchestre, notamment, et opérer des petits ajustements, des réglages de timing. On aime bien ça ; ça fait partie du métier.
G : On se réjouit beaucoup de travailler avec Joseph et toute la famille et aussi avec les autres artistes. J’aime l’idée d’intégrer une belle famille pendant une saison. La plupart du temps, nous nous produisons tout seuls. Travailler en duo peut se révéler un peu ennuyeux. Avec les autres artistes, on s’amuse toujours vraiment bien.
H : Rien qu’en voyant la tête des gens à qui on annonce notre engagement au Cirque d’Hiver, on comprend que c’est un honneur ! Pour nous, artistes de cirque, c’est une consécration. C’est comme jouer à Broadway pour les artistes de comédie musicale.

